21 juillet 2007

Bonnes vacances ...

A tous ceux qui me font l'amitié de visiter mon blog ... quelques précisions sur mon silence depuis le 8 mai.

Un accident de la circulation m'a obligé à beaucoup de repos et à privilégier certaines activités plutôt que d'autres; mon blog en a subi les conséquences!

Mais cette explication n'est toutefois que la partie émergée de l'iceberg.

Si le blog n'a pas fait partie de mes priorités en cette période pourtant très riche en actualité politique, c'est pour une raison plus fondamentale: à quoi sert un blog ? s'il s'agit simplement de s'exprimer, mon ego ne s'en contente pas; s'il s'agit de faire valoir son opinion et de la promouvoir, c'est peu efficace; ou c'est un travail à part entière.

Mais je ne suis pas de ceux qui considèrent que la blogosphère constitue un nouveau pouvoir; parce qu'un pouvoir ne peut exister que s'il est animé d'une volonté centrale et d'une homogénéité. Hors, quoi de plus hétérogène que le monde des blogs, quoi de moins coordonné ? et de plus contradictoire dans les opinions ... si l'on peut parler toujours d'opinion ...

Il se peut néanmoins que je reprenne cette activité qui a au moins l'avantage de m'obliger à faire un effort d'analyse de l'actualité et de mise en forme de mes synthèses. Il se peut aussi que je décide d'arrêter là cette expérience, après en avoir testé modestement le fonctionnement et les possibilités.

Quoi qu'il en soit, cela confirme que ce n'est pas parce qu'un outil existe qu'il prouve nécessairement son utilité. Science sans conscience ... technique sans idées ... ne sont que ruine de l'âme et perte de temps.

YG

08 mai 2007

ROYAL : rendez-vous dans 5 ans …

Elle a surpris son monde, Madame Royal, en apparaissant à 20h02 pour faire sa première déclaration après l’énoncé des estimations, ce dimanche 6 mars.

Tout sourire et sur d’elle, elle avait manifestement anticipé la défaite.

Depuis longtemps peut être ; car être désignée 6 mois seulement avant l’échéance, sans programme et sans enthousiasme de la part de ses propres amis, cela rendait un peu illusoire l’hypothèse d’une victoire face à un homme qui se préparait de longue date.

Cette analyse, elle l’a faite avant nous ; et elle a sans doute mené sa campagne sans illusion … pour 2007 ; mais avec 2012 en ligne de mire.

Sa première déclaration n’avait rien d’improvisé ; et en ne laissant pas à d’autres leaders du PS la possibilité de s’exprimer avant elle, elle imposait sa vision, son programme et son leadership.

Le PS est à ramasser ; et elle le sait mieux que personne ; les éléphants sont laminés par cette défaite qui les pousse définitivement vers la retraite.

Et son score très honorable lui donne l’autorité nécessaire pour relever le défi d’une refondation au centre ; d’autant plus évidente que sur la gauche du PS, Olivier Besancenot refusera toute hypothèse d’alliance et que le PC n’est plus que l’ombre de lui-même.

On n’est pas obligé d’apprécier la personnalité de Ségolène Royal pour apprécier à sa juste valeur sa stratégie. Et le dire …

06 mai 2007

Une râclée "juste"

Fallait-il que le P.S. soit en déshérence pour devoir se livrer au triste jeu d’une primaire improvisée à 6 mois de la Présidentielle ; fallait-il que les militants soient désemparés pour choisir Mme Royal, pour la seule – et mauvaise – raison qu’elle est une femme ; fallait-il que ce parti -autrefois si puissant- soit vide de tout contenu pour se contenter d’une campagne électorale de quartier ; et d’argumentaires de mère de famille …

Pour que la contre-programmation ait une chance de réussir, il faut qu’elle réponde à une attente.

En guise de réponse à l’hypothèse Sarkozy, quelques slogans hésitants, une naïveté agaçante à ce niveau du débat, une arrogance nourrit d’incompétence ; et une « colère saine » qui n’en finissait plus ; ce qui soulignait son caractère artificiel et sentait la mise en scène .

Tel serait donc l’acte de bravitude sur lequel elle comptait pour faire basculer plus d’un million d’électeurs dans son escarcelle puisque c’était bien là l’enjeu du débat télévisé du 2 mai.

On ne tarda pas à constater dans les sondages que son regard de rapace, glacial et fixe, son ton professoral, ses phrases creuses et ses approximations, ses promesses non financées ou franchement ridicules n’avaient guère convaincu.

Il faut dire qu’elle avait commencé très fort, en proposant sans rire que toutes les femmes-flics de France soient raccompagnées chez elle par un autre policier le soir ; Sarko n’eut qu’à pousser légèrement le ballon pour marquer sans effort un premier but.

Lui qu’on supposait agressif et vindicatif savait d’entrée de jeu que son intérêt était d’en faire le moins possible pour éviter tout débordement ; il s’est donc évertué à jouer la montre ; comme tout sportif qui sait qu’il lui suffit d’attendre le coup de sifflet final sans prendre de risques pour remporter la mise.

Mission accomplie ; on jugera sur pièce et sans complaisance dans les 5 années qui viennent.

Pour le PS, le vrai défi reste à relever : sortir de son ambiguïté et se construire un avenir digne des splendeurs passées, en tranchant enfin le dilemne et en admettant que le grand écart n'est pas électoralement payant.

En d’autres termes, choisir de se ranger franchement à gauche de l’échiquier politique, donnant ainsi raison à Emmanuelli, Mélenchon, au PC et à l’extrême gauche.

Et laisser un boulevard pour le Mouvement Démocrate de François Bayrou.

Ou bien choisir de devenir clairement un parti social-démocrate et créer une force de Centre-gauche, suivant en cela une pente sans doute majoritaire dans le Parti; et qu'incarne DSK.

Mais on peut craindre que le PS ne choisisse de rester lui-même, écartelé entre ses différents courants ; et par voie de conséquence, incapable de faire naître un véritable leader et continuant par dogmatisme de refuser une refondation dont la nécessité vient de sortir des urnes comme la vérité sort du puit!